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jeudi 28 juin 2012

The emperor




Ce court métrage de 20 minutes tourné en 1967 est audacieux mème si le scénario est assez simpliste. "The emperor", comme ses autres courts métrage, montre bien la direction choisie de George Lucas dans son travail de réalisateur. Le film est un documentaire sur un disc jockey californien de la radio KBLA , Bob Hudson, qui s'autoproclame "The emperor" (il préfigure le fameux Wolfman Jack dans American Graffiti, sorti en 1973), il montre la personnalité et la célébrité du personnage, qui base ses émissions sur une certaine idée idée qu'il se fait de la radio.
"The emperor" est drole ( c'est la première fois que Lucas utilise l'humour dans ces films), rapide et par moments innovant. La bande sonore, avec des classiques des années 60, fait figure de précurseur deAmerican Graffiti mais avec une approche visuelle différente. American graffiti a été tourné en 35mm alors que The emperor a été tourné caméra à la main de 16mm avec une utilisation intelligente des intertitres. A noter que John Milius, co-scénariste d' Apocalypse Now, a aidéLucas a réaliser ce film.

Herbie




Quelques mois après le court métrage "Look at life", Lucas s'associe à Paul Golding pour en réaliser un autre, Herbie, en 1966 et lui permettait de conjuguer ses 2 passions: le cinéma et l'automobile. Il y filme des formes abstraites qui sont en fait des néons et autres lumières se réflétant sur la carrossserie d'une Volkswagen pendant qu'elle traverse une ville de nuit.Le titre  renvoie directement au jazzman très connu Herbie Handcock, dont la musique accompagne toute l'oeuvre. Avec ce second court, Lucas voit son nom de plus en plus cité, non seulement au sein de son université, mais aussi lors de projections spéciales à Los Angeles.
Pour l'anecdote, le générique du film "Taxi Driver" de Martin Scorsese, en 1976, reprendra certains plans de Herbie, sans qu'il soit clairement démontré que Scorsese se soit inspiré de Lucas.

Anyone who lived in a Pretty How Town



En 1967, George Lucas réalise Anyone who lived in a Pretty How Town, qui est une fable métaphorique sur la vie quotidienne. Ce court est tourné en format wide-screen (une première sous l’égide de l’USC) et permet au jeune Lucas de prouver qu’il est capable de faire un film en dessous du budget prévu et dans un planning que personne d’autre ne pourrait suivre.
Anyone who lived in a Pretty How Town est une interprétation visuelle du poème du mème nom écrit par E E Cummings. La poésie, qui date de 1940, parle d'un homme appelé "Anyone" qui vit sa vie ignoré par la majeure partie des gens dans la société. La seule personne qui s'inquiète pour lui est une femme appelée "Noone", mais il est probable que cette femme n'existe pas en réalité. Par la suite, "Anyone" meurt et personne ne s'en trouve navré à part "Noone". La vie dans la société continue, et quand "Noone" meurt, les citadins les enterrent "cote à cote". Et la vie continue...

Look at life



Pour son tout premier court métrage à l'université de californie du sud (l'USC), en 1965, George Lucas choisit de réaliser un diaporama de 1 minute ou défilent, sur le rythme soutenu d'un calypso-jazz mixé avec des bribes de bulletins d'informations, des images de guerre, de manifestations, d'icones de la société de consommation, toutes empruntées au magasine américain "LIFE". Le tout se conclu sur la phrase apocalyptique "Anyone for survival", en français "Qui veut survivre".
Look at life, donc, avec son titre pouvant ètre interprété dans les 2 sens du terme, celui de la vie et celui du magasine, reflètant l'escalade de la violence au viètman, a piqué au vif la curiosité des étudiants mais aussi des professeurs et obtenu des prix dans différents festivals estudiantins. A partir de là, le jeune étudiant effacé commença à se construire une réputation: "C'est à ce moment que j'ai commencé à avoir des amis, j'ai réalisé que les idées folles qui me traversaient l'esprit pouvaient avoir un effet sur les gens" se souvient-il à propos de ce court métrage...

mardi 26 juin 2012

1:42:08 To qualify




En 1966, pour son film de fin d'études, George Lucas brisa toutes les règles imposées par les professeurs- durée maximale d'une minute, choix du noir et blanc, obligation de tourner près du campus- pour tourner1:42:08. En effet, avec sa durée de 7 minutes, le format 16mm couleurs sur la piste de Willow Springs en Californie, le film fit l'effet d'une superproduction au regard de l'école car avec une équipe de 14 personnes et un budget estudiantin il fut comparé au film "Grand Prix" une grosse production des studios d'Hollywood tourné la mème année.
1:42:08 suit l'entrainement d'une des vedettes de la course automobile, Pete Brock. Le titre du film renvoie au temps chronométré qu'il parviendra à atteindre sur le circuit. Lucas a concentré tous ces efforts sur sa technique afin de transmettre des sensations de vitesse, d'urgence, la difficulté et la frustration du pilote...

1:42:08 to qualify - Pete Brock

N'ayant que 10 semaines pour finaliser le projet, Lucas dut renter dans les locaux ou se trouvaient les bancs de montage la nuit par effraction car chaque étudiant n'y avait accès que deux heures par jour. Ainsi, il y passera des nuits entières se nourrissant exclusivement de barres chocolatées et de Coca et manquera plusieurs fois d'y ètre surpris au petit matin. Hélas, malgré cette post-production soignée et beaucoup de professionnalisme, 1:42:08 aura moins d'impact auprès des étudiants que ses deux premiers courts. Lucas s'avoua tout de mème satisfait de son travail et compris que cette école lui permettait d'expérimenter ses idées, et d'échouer si nécessaire...
1:42:08 to qualify - Pete Brock

FREIHEIT




En 1966, avec son 3ème court métrage, Freiheit (qui veut dire "liberté" en allemand), George Lucas livre sa première fiction véritable. Réalisé avec des moyens minimalistes (un champ, un poteau et un costume de soldat) sur les hauteurs de MalibuFreiheit est une fable politique sur l'inaccessible liberté.Baigné d'un éclairage dur et bleuté, un Allemand de l'est (Randal Kleiser) tente de traverser le No Man's Land qui le sépare de l'Allemagne de l'ouest, tandis qu'au loin parviennent les échos d'une bataille. Alors qu'il s'imagine près du but, le fuyard est abattu par un soldat soviétique (Christopher Lewis) qui vient contempler le cadavre avec dédain. Le film s'achève avec le commentaire; "Sans liberté, nous sommes morts".

Voici ci-dessus le court métrage dans son intégralité. Cette vidéo appartiens à l'USC ( University of Southern California).

THX 1138 4EB (Electronic Labyrinth)





En 1967,  George Lucas, alors qu'il enseigne le cinéma à des élèves de la marine américaine, est frappé par le scénario de Matthew Robbins et deWalter Murch, intitulé Break Out , qui raconte l'histoire d'un homme qui tente de s'évader d'un monde futuriste. Ses deux compères de l'USC, ayant déjà de nombreux projets en cours, acceptent volontier que Lucas reprenne l'idée pour en faire une version plus aboutie. Il rebaptisa le projet THX 1138 4EB, le THX 1138 reprennant le numéro de téléphone de sa chambre à l'USC (soit le 8491138, THX représentait le nombre 849 sur le clavier alphanumérique), et 4EB voulant dire For Earth Born (né sur terre). Par la suite, il rajoutera "Electronic Labyrinth" pour éviter de déconcerter le public.
Dès lors, il décida de réaliser ce court métrage pendant ses cours ou il était censé apprendre aux jeunes étudiants des notions d'éclairages. Ces derniers, qui du coup devenaient aussi acteurs du film, croyaient à une blague au début mais changèrent de point de vue après quelques jours et furent très impressionnés par le travail du jeune réalisateur. Travaillant à partir de lumières naturelles pour filmer un décor d'un blanc immaculé, Lucas transcendait ce qui jusque là était considéré comme des erreurs techniques, tout cela sur fond d'oppression mentale par l'image. Et pour renforcer cette impression, les quelques dialogues étaient parasités comme sur une radio mal réglée, ce qui donnait des voix robotiques. Au final, THX 1138 4EB, d'une durée de 15 minutes, ne ressemblait à aucun film déjà vu...



A sa sortie dans de nombreux festivals, l'oeuvre fit littéralement l'effet d'une bombe auprès de la communauté estudiantine, et impressionna particulièrement un certain Steven Spielberg (le tout jeune étudiant est allé voir Lucas pour lui communiquer son admiration, Lucas l'ignora presque...), et le fit connaitre hors des circuits universitaires en faisant la une d'un numéro du Times. A partir de là, de grands patrons des studios d'Hollywood décidèrent de garder un oeil sur Lucas...

L'histoire:
Dans un monde futuriste géré exclusivement par les ordinateurs, un homme tente de s'échapper du système malgrès la traque constante de chacun de ses mouvements...
Cliquez ici pour voir THX 1138 4EB Electronic Labyrinth, et il est aussi disponible dans les bonus de THX 1138, le long métrage tiré de ce court sorti en 1971 sur l'insistance de Francis Ford Coppola (voir dans la rubrique "Ses longs métrages").
THX 1138 - Édition Collector 2 DVD